Carnet de route

Aravis Last Minute : Virée givrée à la Blonnière

Le 18/01/2026 par Graciano Romain

Dimanche 18 janvier 2026 – Aravis.

Il est 6h45 quand le cortège s’ébranle. Dans la pénombre matinale, Vincent, notre guide du jour, bat le rappel des troupes. Au compteur : cinq pèlerins prêts à en découdre avec la pente. Il y a là les habitués – Magali, Pascal et Romain – et Olivier, le petit nouveau fraîchement débarqué au club, qui ne sait pas encore à quelle sauce (blanche) il va être mangé.

La méthode 3x3 ou l’art de s’adapter

La montagne, ça commence souvent dans le minibus. Vincent, pédagogue dans l’âme, nous sert le petit-déjeuner intellectuel : la fameuse méthode 3x3.

  1. Facteur Humain : Les visages sont frais, le moral au beau fixe. Tout le monde va bien.

  2. Facteur Conditions : C’est là que ça se corse. La météo a été capricieuse : une belle chute il y a dix jours, puis le néant. Le redoux a fait son œuvre.

  3. Facteur Terrain : Le plan initial (Combe de Balafrasse ou Paccaly) prend du plomb dans l’aile.

Escale stratégique à Thônes, chez Versant Nord, pour la location du matériel. Le verdict du vendeur tombe comme un couperet : « Vous voulez vraiment que je vous dise la vérité ? C’est vraiment pas top !”.

Changement de cap ! Vincent dégaine le plan B : direction Manigod. L’objectif sera la Pointe de la Blonnière au départ de Comburce. Un choix tactique, d’autant qu'Aline et Anne-Laure sont déjà dans le secteur pour s’attaquer à un couloir.

Testostérone de parking

Arrivée à Comburce. Devant nous, un véhicule joue la carte de l’hésitation – ou de la sieste ? – en plein milieu de la route. Nous tentons un demi-tour stratégique pour trouver une place, mais c’est le moment exact que choisit notre conducteur « escargot » pour enfin tenter un créneau. Trop tard ? 

Vincent, pragmatique, s’impose (disons qu’il a optimisé l’espace disponible). La scène d'anthologie se jouera un peu plus tard, au cul du camion : deux jeunes coqs débarquent, l’air furibard et le torse bombé, pour demander des comptes. Heureusement, le « combat » se limitera à une intimidation digne d’une parade de tétras-lyres. Plus de peur que de mal, l’esprit montagne reprend vite ses droits.

Bottage et Toblerone

La rando démarre… à pied. Échauffement de 300 mètres sur le bitume avant de chausser juste après la voiture d’Anne-Laure, arrivées bien avant nous (et bien mieux garée, il faut l'avouer).

Vincent lance le test DVA. Romain se porte volontaire pour la démo… et nous offre un magnifique contre-exemple en effectuant le check dans le mauvais sens. Un rappel bienveillant, une deuxième tentative parfaite, et c’est validé. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, et Romain a bien chauffé le marteau ce matin.

La montée s’installe dans un rythme régulier. Mais la neige, humide et lourde du bas de parcours, nous réserve une surprise collante : ça botte furieusement. Pascal en fait les frais et casse un bâton dans la bataille. Il finira l’ascension en mode "dahu", avec un seul appui.

Au loin, un éperon rocheux nous nargue : une forme triangulaire parfaite qui nous évoque inévitablement un morceau de Toblerone géant. Pause ravitaillement, graines et hydratation. Le moral tient bon malgré la visibilité qui chute drastiquement. Nous entrons dans le fameux "jour blanc", ce moment où le relief disparaît et où l'on skie à l'aveugle.

Le Sommet de la délivrance

Sur notre droite, on aperçoit le célèbre Coillu à Bordel (ou un voisin proche) où une dizaine de skieurs s’activent. Aline et Anne-Laure sont-elles dans ce fourmillement ? Mystère.

Encore 50 mètres. Nous croisons deux skieurs descendants, sourire aux lèvres : « Là-haut, c’est magnifique ! ». Il n’en fallait pas plus pour recharger les batteries.

L’arrivée à la pointe de la Blonnière est une récompense brute. Le panorama à 360° nous saute au visage : Mont-Blanc impérial, Mont-Joly, Aiguilles Rouges… Une corniche sculptée par le vent dessine une tête de corbeau sur l'horizon. C’est beau, c’est froid, c’est la montagne qu’on aime.

La glisse finale

Le soleil tente une percée timide mais suffisante pour rétablir les contrastes. Vincent ouvre la voie. Romain s’élance pour un premier virage… disons "artistique", avant de trouver ses appuis. La neige est finalement bien meilleure que prévu. Pascal et Olivier enchaînent, Magali ferme la marche avec élégance.

Une heure plus tard, retour à la case départ, les cuisses un peu raides mais le sourire aux lèvres. Le matériel est rendu, la méthode 3x3 a été respectée jusqu'au bout : on s'est adapté, on a observé, et tout le monde rentre entier.

Une belle journée de ski, d’improvisation et de camaraderie. Bienvenue au club, Olivier !

 
CLUB ALPIN FRANCAIS MACON
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